Homophobie

Qu’est-ce que l’homophobie?

L’homophobie renvoie au sentiment de peur exprimé envers les personnes homosexuelles et plus largement, envers les personnes dont l’apparence ou le comportement déroge aux canons de la féminité ou de la virilité. Le mépris, le dégoût, les préjugés et la haine des homosexuels naissent de cette peur. L’homophobie est en quelque sorte la réaction de rejet qu’entraîne cette peur des rapports sensibles entre hommes ou entre femmes, qu’ils soient sexuels ou non.

La Politique québécoise de lutte contre l’homophobie définit celle-ci comme :

« Toutes les attitudes négatives pouvant mener au rejet et à la discrimination, directe et indirecte, envers les gais, les lesbiennes, les personnes bisexuelles, transsexuelles et transgenres, ou à l’égard de toute personne dont l’apparence ou le comportement ne se conforme pas aux stéréotypes de la masculinité ou de la féminité. »

La gaiphobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie sont incluses dans cette forme de discrimination.

Qui peut être victime d’homophobie?

Les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels sont principalement la cible des attaques homophobes. Mais celles-ci visent aussi les jeunes qui, à tort ou à raison, sont étiquetés comme homosexuels. Les parents, les amis et les enfants des personnes GLB peuvent également être victimes d’homophobie.

Comment se manifeste l’homophobie?

L’homophobie revêt plusieurs formes dont le fait d’occulter l’homosexualité ou la bisexualité qui, notamment, « laisse la place à toutes sortes de préjugés négatifs ». Elle est aussi présente sous forme de violence psychologique, d’étiquetage, de harcèlement ou d’agression. Ces attitudes, paroles et actes homophobes peuvent aussi bien se manifester dans une salle de classe que dans une unité, dans les corridors, à la cafétéria, dans les toilettes, à la bibliothèque, etc. Tous ces endroits devraient faire l’objet d’une surveillance accrue afin de décourager ces comportements.

Quelles sont les conséquences de l’homophobie?

L’homophobie peut avoir des effets dévastateurs sur ceux qui la subissent, particulièrement à l’adolescence. On note une prévalence plus élevée de problématiques diverses chez les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels que chez les jeunes hétérosexuels vivant des difficultés importantes. Les problématiques ne sont pas inhérentes à l’homosexualité, mais résulteraient bien de l’homophobie :

  • estime de soi problématique
  • isolement social
  • décrochage scolaire
  • consommation abusive de drogues et d’alcool
  • comportements sexuels à risque
  • dépression
  • suicide

En raison de l’absence de modèles positifs, des violences subies, des attaques homophobes et du harcèlement, les jeunes gais, lesbiennes et bisexuels peuvent se sentir rejetés, mais surtout avoir l’impression qu’ils n’ont pas leur place. Les insultes homophobes peuvent les affecter psychologiquement en leur signifiant, de façon insidieuse, que ce qu’ils sont est mal ou dangereux et qu’ils devraient en avoir honte. Pour certains jeunes, cela entraîne un état d’homophobie intériorisée où ils en viennent à intérioriser les préjugés envers les homosexuels, à se dévaloriser, voire à se détester eux-mêmes ainsi que les autres personnes homosexuelles.

Que peut-on faire pour prévenir l’homophobie?

Pour contrer cette violence de plus en plus nommée et documentée, les milieux jeunesse ont la responsabilité de renseigner les jeunes et le personnel sur la diversité des orientations sexuelles et de les sensibiliser au respect des différences. À travers les différents éléments qui le constituent, ce coffret d’intervention sur l’orientation sexuelle propose plusieurs façons de prévenir les conséquences de l’homophobie : pistes d’intervention pour divers groupes cibles (« Guide de l’intervenant »), activité-vidéo (Le vrai visage de Jane), recueil d’activités (« Pour agir… »), etc.

Aujourd’hui

De nos jours, les actes homosexuels sont encore passibles de peine de mort dans plus de 11 pays : Afghanistan, Arabie Saoudite, Brunei, Émirats arabes unis, Iran, Nigeria, Mauritanie, Soudan, Somalie, Somaliland et le Yémen (Wikipédia, Mars 2015).

L’homosexualité est toujours punie d’emprisonnement (de quelques mois à la perpétuité), de sévices corporels, de déportation ou de travaux forcés dans une soixantaine de pays.

La Journée internationale contre l’homophobie et la transphobie est célébrée le 17 mai de chaque année. Cette journée a pour but de promouvoir des actions de sensibilisation et de prévention.